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Dix-huit suspects transférés aux États-Unis dans l’affaire Moïse

Dix-huit personnes arrêtées en Haïti ont été acheminées en Floride pour y être jugées. L’opération élargit le volet américain de l’enquête, sans encore préciser les accusations visant chacun des prévenus.

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Avion de transport militaire sur une piste
Avion de transport militaire sur une piste. Photographie d’archive. Image : Sdkb (CC BY-SA 4.0)

L’essentiel

  • Dix-huit suspects ont été transférés d’Haïti en Floride pour répondre devant la justice fédérale américaine.
  • L’opération prolonge un volet américain déjà marqué par des inculpations et des condamnations liées à un complot préparé, selon les procureurs, en partie aux États-Unis.
  • Les accusations précises visant chacun des nouveaux prévenus et le calendrier de leur procès ne sont pas connus.
  • Cette procédure intervient alors qu’Haïti demeure sans président et confronté à une forte insécurité à Port-au-Prince.

Dix-huit personnes suspectées d’être liées à l’assassinat de Jovenel Moïse ont été transférées d’Haïti vers la Floride afin de comparaître devant la justice fédérale américaine. L’annonce, faite le 20 septembre par des responsables américains, constitue une nouvelle étape dans un dossier ouvert depuis le meurtre du président haïtien, le 7 juillet 2021.

Jovenel Moïse, alors âgé de 53 ans, avait été tué dans sa résidence privée par un groupe d’environ vingt mercenaires colombiens ayant reçu une formation militaire. Sa garde rapprochée n’était pas intervenue, selon les deux médias. Parmi les personnes transférées figure Joseph Felix Badio, ancien responsable de la lutte anticorruption au ministère haïtien de la Justice, présenté par des sources gouvernementales et policières haïtiennes citées par Euronews comme l’un des principaux suspects. Les autres personnes concernées seraient des mercenaires colombiens.

Le ministère colombien des Affaires étrangères a indiqué suivre le transfert de 17 ressortissants colombiens. Bogotá souligne ne pas avoir participé à la décision ni au processus engagé par les autorités haïtiennes et américaines.

Le volet américain du dossier se poursuit

Le procureur fédéral Jason Reding Quinones a déclaré que les 18 prévenus avaient été transportés par avion militaire depuis Haïti vers le district sud de la Floride. Il affirme que 30 suspects ont, à ce stade, été inculpés dans ce dossier. Le FBI présente ces arrestations menées dans plusieurs lieux et à l’international comme la poursuite de ses efforts pour identifier tous les participants au complot.

La justice américaine intervient parce qu’une partie de l’organisation présumée du projet aurait été préparée sur le territoire des États-Unis. Les juridictions fédérales américaines peuvent donc examiner les complots conçus sur leur sol, même lorsque l’opération a été exécutée à l’étranger.

Des procédures avaient déjà abouti à Miami en mai. Quatre hommes, tous liés à CTU, une société privée de sécurité établie en Floride, ont été reconnus coupables notamment de complot visant à tuer ou enlever Jovenel Moïse, de soutien matériel et de violation de la loi américaine sur la neutralité. Cette dernière interdit notamment de préparer depuis les États-Unis une opération militaire illégale contre un autre pays. Selon les procureurs, la perspective de contrats lucratifs après l’éviction de Jovenel Moïse les avait attirés dans le complot.

Ces quatre condamnés risquent la prison à vie. The Guardian rapporte par ailleurs que cinq personnes déjà poursuivies aux États-Unis ont reçu une peine de réclusion à perpétuité.

Des responsabilités encore à établir

Les nouvelles arrestations ne valent pas condamnation. Les sources ne précisent ni les chefs d’accusation individuels retenus contre les 18 personnes transférées, ni le calendrier de leurs comparutions. Elles ne permettent donc pas de déterminer quelle place exacte les procureurs attribuent à chacun dans la préparation, le financement ou l’exécution du meurtre.

Elles montrent néanmoins que l’enquête judiciaire américaine ne se limite plus aux organisateurs et intermédiaires déjà jugés ou inculpés en Floride. Elle se rapproche aussi des hommes présents en Haïti au moment des faits, dont des Colombiens arrêtés après l’attaque et Joseph Felix Badio.

L’affaire reste centrale pour Haïti, qui n’a plus de président depuis l’assassinat. Le pays prévoit le 13 décembre une présidentielle, des législatives et un référendum constitutionnel, sous réserve que les conditions de sécurité le permettent. Selon les sources, les gangs contrôlent environ 80 % de Port-au-Prince. La force soutenue par les Nations unies, chargée d’appuyer la police haïtienne, ne devait pas atteindre en octobre son effectif prévu de 5 500 personnels en uniforme et 50 civils.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. Euronewsfr.euronews.com
  2. The Guardian — Worldtheguardian.com