Au Yémen, la reprise des combats provoque une nouvelle fuite des civils
Les affrontements entre Houthis et forces pro-gouvernementales ont mis fin à l’accalmie observée depuis 2022. Taiz concentre une grande part des déplacés, tandis que l’aide peine à suivre.
·

L’essentiel
- La reprise des affrontements a mis fin à l’accalmie qui prévalait largement depuis 2022, sans que le déclencheur précis soit établi par les sources.
- L’ONU estime à 125 000 le nombre de personnes nouvellement déplacées au Yémen depuis le début de septembre.
- Taiz accueille une grande partie des déplacés alors que l’état des routes, les restrictions d’accès et le manque de fonds freinent l’aide.
- Les sources documentent une forte dégradation humanitaire, mais pas encore un renversement clairement établi de l’équilibre militaire.
La reprise des combats au Yémen a déclenché une nouvelle vague de déplacements, particulièrement visible dans la province de Taiz, au sud-ouest du pays. Des familles y arrivent dans des camps provisoires avec quelques biens, tandis que certaines construisent des abris à partir de branches et de sacs en plastique.
L’accalmie qui avait largement réduit les affrontements depuis 2022 est désormais rompue. Les combats opposent les rebelles houthis aux forces pro-gouvernementales, soutenues par l’Arabie saoudite. Les éléments fournis ne précisent toutefois pas l’événement précis ou la décision ayant déclenché cette escalade. Ils établissent en revanche que les violences se sont intensifiées au début de septembre.
Des bilans de déplacement qui ne mesurent pas la même période
Les chiffres disponibles illustrent l’ampleur de la crise, mais ne portent pas exactement sur le même périmètre. L’Organisation internationale pour les migrations a annoncé, le 11 septembre, qu’au moins 46 000 personnes avaient été déplacées depuis l’offensive des Houthis dans le sud-ouest.
De son côté, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies estime qu’au moins 125 000 personnes ont été nouvellement déplacées dans l’ensemble du Yémen depuis le début de septembre, dont des dizaines de milliers dans la seule province de Taiz. Ce second chiffre couvre donc une période et une zone géographique plus larges.
Taiz accueille la majorité des nouveaux arrivants selon Euronews. Cet afflux accroît la pression sur une zone déjà confrontée à une grave crise humanitaire. Les routes dégradées, les restrictions d’accès et le manque de financement ralentissent les opérations de secours, au moment où les besoins augmentent.
Une escalade humaine davantage documentée que militaire
Le bilan humain rapporté par les agences onusiennes témoigne aussi d’une nette aggravation. L’Organisation mondiale de la santé et d’autres organismes des Nations unies font état de plus de 500 morts la semaine précédente, contre près de 200 la semaine antérieure. L’OCHA recense pour sa part 40 victimes civiles confirmées entre le 1er et le 14 septembre, dont huit morts.
Ces décomptes ne sont pas contradictoires : ils ne semblent pas couvrir les mêmes catégories de victimes. Le premier total concerne les morts rapportées sur une semaine, tandis que le second porte explicitement sur les civils confirmés sur deux semaines.
L’escalade modifie d’abord l’équilibre humanitaire : elle remet sur les routes des dizaines de milliers de personnes et complique l’acheminement de l’aide. En revanche, les informations disponibles ne permettent pas d’établir un basculement militaire territorial ni d’identifier un avantage décisif pour l’un des camps. La situation à Taiz sera un indicateur central : la province est à la fois touchée par les combats et devenue l’un des principaux lieux d’accueil des déplacés.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.


