À Djibouti, l’afflux de réfugiés yéménites met Obock sous pression
Plus de 2 000 personnes ont gagné Djibouti durant le week-end après l’avancée des Houthis sur la côte yéménite. Les capacités locales d’accueil sont désormais atteintes.
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L’essentiel
- Plus de 2 000 réfugiés yéménites sont arrivés à Djibouti durant le week-end, selon le ministre de l’Économie.
- Les civils traversent Bab el-Mandeb dans des embarcations souvent surchargées, avec de nombreux enfants et femmes parmi eux.
- À Obock, le centre d’enregistrement et l’hébergement chez des habitants ne suffisent déjà plus.
- L’offensive houthie sur la côte yéménite transforme un revers militaire du gouvernement en crise humanitaire régionale.
Plus de 2 000 réfugiés arrivés du Yémen ont atteint Djibouti pendant le week-end, selon le ministre djiboutien de l’Économie, Ilyas Dawaleh. Ils fuient la progression des Houthis sur la côte yéménite de la mer Rouge, qui a accéléré depuis le 10 septembre.
La plupart traversent le détroit de Bab el-Mandeb à bord d’embarcations de fortune. Environ 30 kilomètres séparent les deux rives. Le trajet peut durer d’une à trois heures, mais les petits bateaux de pêche, parfois très chargés, allongent et durcissent la traversée.
Parmi les arrivants figurent de nombreuses femmes et de nombreux enfants. Alexandre Coissac, chef de mission de l’Organisation internationale pour les migrations à Djibouti, décrit des personnes épuisées et fortement déshydratées. Certaines ont voyagé de nuit. À leur arrivée, elles demandent d’abord de l’eau et de la nourriture.
Un accueil local déjà saturé
Les arrivées se concentrent à Obock, ville portuaire du nord de Djibouti. Les autorités y ont ouvert un centre d’enregistrement et assurent les premiers secours. Une grande partie des réfugiés est ensuite accueillie par des familles de la ville.
Ce dispositif atteint toutefois sa limite, selon l’OIM. Alexandre Coissac affirme que la capacité maximale est déjà atteinte et réclame des financements. Le problème n’est donc pas seulement le débarquement des personnes, mais leur hébergement, leur alimentation et leur prise en charge si les arrivées se poursuivent.
Ilyas Dawaleh a appelé à une mobilisation internationale. Djibouti fait déjà face aux conséquences de la crise du détroit d’Ormuz et ne peut, selon lui, gérer seul une nouvelle urgence régionale. Le nombre de réfugiés progresse d’heure en heure, a-t-il indiqué.
Une conséquence directe de l’offensive sur la côte
Cet exode intervient alors que les Houthis ont conquis plusieurs positions sur la côte yéménite. Le groupe, soutenu par l’Iran, s’est notamment emparé de Mokha et de l’île de Mayyoun, située au cœur du détroit de Bab el-Mandeb.
Cette progression a mis en évidence les faiblesses du camp gouvernemental yéménite. Les forces opposées aux Houthis sont composées de factions rivales, aux chaînes de commandement distinctes. Leur manque de coordination a facilité l’offensive, malgré le soutien militaire et financier de l’Arabie saoudite.
La crise prend ainsi une dimension régionale immédiate. Bab el-Mandeb est un passage maritime majeur entre la mer Rouge et le golfe d’Aden. L’avancée militaire yéménite déplace des civils vers Djibouti tout en accentuant la pression autour d’une voie commerciale stratégique.
À court terme, l’enjeu est l’augmentation des capacités d’accueil à Obock et le financement des secours. Les sources ne précisent ni combien de personnes pourraient encore traverser, ni quelle solution durable Djibouti pourra proposer si les combats se prolongent.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.



