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Au Maroc, la coalition conserve sa majorité sur fond de forte abstention

Les trois partis sortants gardent la majorité parlementaire, avec le PAM en tête. La continuité du pouvoir contraste avec une participation de 38% et la progression de l’opposition islamiste.

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Bureau de vote avec isoloirs et urnes
Bureau de vote avec isoloirs et urnes. Photographie d’archive. Image : Jiří Sedláček (CC BY-SA 4.0)

L’essentiel

  • Les trois partis de la coalition sortante réunissent 228 des 395 sièges de la Chambre des représentants.
  • Le PAM arrive en tête avec 97 élus et doit fournir la personnalité chargée de former le gouvernement.
  • La participation s’établit à 38%, un niveau inédit depuis près de vingt ans selon les sources.
  • Le PJD islamiste passe de 13 à 54 sièges, renforçant l’opposition au Parlement.

La coalition gouvernementale sortante conserve la majorité à la Chambre des représentants marocaine. Le Parti authenticité et modernité (PAM) arrive en tête avec 97 sièges sur 395, devant le Rassemblement national des indépendants (RNI), qui en obtient 66, et le Parti de l’Istiqlal, avec 65 élus.

Ces trois formations, déjà alliées dans l’exécutif sortant, totalisent 228 sièges. Leur avance permet donc d’envisager la reconduction d’une alliance gouvernementale. Le PAM ne dispose toutefois pas, à lui seul, de la majorité absolue et devra s’entendre avec d’autres partis pour former un gouvernement.

Les sources divergent sur la date précise du vote : France 24 évoque un scrutin tenu le mercredi 23 septembre, tandis que RTS le situe au 24 septembre. Elles concordent en revanche sur les résultats essentiels, la majorité conservée par les partis sortants et une participation de 38%, au plus bas depuis près de vingt ans.

Un changement de parti dominant, pas de cap institutionnel

Le principal changement au sein de la majorité est le passage du premier rang du RNI au PAM. Le RNI, dont est issu le chef du gouvernement sortant Aziz Akhannouch, perd une trentaine de sièges par rapport aux précédentes législatives de 2021.

Le roi Mohammed VI doit désigner, parmi les rangs du PAM, la personne chargée de constituer un exécutif pour cinq ans. Les grandes orientations des secteurs stratégiques restent cependant du ressort du monarque, selon RTS. Cette architecture limite la rupture politique immédiate : le parti arrivé en tête change, mais les trois composantes de la coalition demeurent en position de gouverner.

Le PAM a annoncé pendant la campagne viser une croissance annuelle moyenne de 5%, alors que celle de 2026 est attendue à 4,4%. Il promet aussi de maintenir l’inflation à 2% et de créer au moins un million d’emplois au cours du mandat. Ces engagements constituent désormais le test concret de la nouvelle majorité, notamment sur l’emploi des jeunes, le pouvoir d’achat et les services publics.

Une opposition renforcée et une participation faible

La stabilité parlementaire ne règle pas la question de la mobilisation électorale. Avec 38% de participation, une majorité des électeurs ne s’est pas rendue aux urnes. L’abstention a particulièrement concerné les jeunes, d’après les sources.

Ce phénomène intervient après l’afflux de milliers de migrants, majoritairement marocains, vers l’enclave espagnole de Ceuta. L’épisode a mis en lumière le manque de perspectives d’une partie de la jeunesse, alors que le pays mène de grands travaux en préparation du Mondial 2030, organisé avec l’Espagne et le Portugal.

La poussée du Parti de la justice et du développement (PJD) souligne également l’existence d’un mécontentement politique. Le parti islamiste d’opposition obtient 54 sièges, contre 13 auparavant. Son dirigeant, Abdelilah Benkirane, a dénoncé des irrégularités présumées dans certains bureaux de vote ; les autorités n’avaient pas réagi à ces déclarations au moment de la publication de RTS.

La majorité reconduite dispose ainsi d’une base parlementaire solide, mais elle devra montrer que les promesses de croissance et d’emploi se traduisent dans la vie quotidienne. La faible participation laisse ouverte la question de l’adhésion d’une partie importante de l’électorat au jeu partisan.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. France 24 — Mondefrance24.com
  2. RTS Inforts.ch