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À Kinshasa, une manifestation autorisée dispersée sur fond de révision constitutionnelle

Des heurts ont interrompu un rassemblement de l’opposition pourtant autorisé à Kinshasa. L’épisode place la liberté de manifester et le projet de réforme institutionnelle au cœur du bras de fer politique.

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Manifestants brandissant une pancarte dans la rue
Manifestants brandissant une pancarte dans la rue. Photographie d’archive. Image : Jeanne Menjoulet (CC BY 4.0)

L’essentiel

  • Une marche de la coalition d’opposition C64, autorisée à Kinshasa, a été interrompue par des heurts avant son arrivée près du Parlement.
  • L’opposition accuse des groupes proches du pouvoir et les autorités de n’avoir pas assuré sa protection ; aucune réponse officielle n’est rapportée dans les sources.
  • La mobilisation vise un projet de changement constitutionnel et une loi sur l’organisation d’un référendum, à l’ouverture de la session parlementaire.

Une manifestation de l’opposition congolaise contre un projet de changement de la Constitution a été dispersée mardi à Kinshasa, alors que les parlementaires ouvraient leur session budgétaire. Le rassemblement, organisé par la coalition C64, avait été autorisé par les autorités de la ville, selon RFI.

La mobilisation devait s’achever près du Palais du peuple, siège du Parlement. Mais le cortège a été bloqué boulevard Lumumba, à proximité du siège de l’UDPS, le parti présidentiel. RFI rapporte que des détonations ont été entendues après un début de marche calme, sous l’encadrement des forces de l’ordre. France 24 fait état de heurts entre militants de l’opposition et partisans du gouvernement, ainsi que de gaz lacrymogène.

Une autorisation sans garantie de déroulement

Le fait que le rassemblement ait reçu une autorisation formelle, mais n’ait pas pu parvenir à son point d’arrivée, est central. Une autorisation administrative ne garantit pas à elle seule l’exercice effectif de la liberté de manifester si les participants ne peuvent ni suivre le parcours annoncé ni être protégés des affrontements.

Les responsables de l’opposition présents, parmi lesquels Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Delly Sessanga et Prince Epenge, accusent les autorités d’avoir laissé attaquer le cortège par les Forces du progrès, un groupe présenté par RFI comme proche du pouvoir. Martin Fayulu a demandé que les faits soient éclaircis. Ces accusations sont celles de l’opposition ; les sources fournies ne rapportent pas de réponse des autorités ni des Forces du progrès.

L’épisode ne permet donc pas d’établir qui a provoqué les violences. Il montre en revanche que l’autorisation donnée par la ville n’a pas empêché l’interruption rapide du rassemblement. Les conditions concrètes de sécurité et le rôle des forces de l’ordre deviennent dès lors un sujet politique à part entière.

La Constitution au centre du conflit

Les manifestants s’opposaient à toute modification constitutionnelle et à une loi sur l’organisation d’un référendum. Leurs mots d’ordre rejetaient notamment l’hypothèse d’un troisième mandat. La majorité au pouvoir porte, selon France 24, le projet de changement de Constitution contesté depuis plusieurs mois par les membres de la C64.

La contestation intervient à un moment choisi pour peser sur le calendrier institutionnel : la rentrée parlementaire. En cherchant à manifester près du Palais du peuple, l’opposition voulait placer les députés face à son refus du projet avant que le débat ne progresse.

Le rapport de force reste toutefois très inégal dans l’espace public. L’opposition a réussi à réunir plusieurs de ses figures autour d’un même mot d’ordre. Mais la dispersion du cortège a limité sa démonstration de force et déplacé le débat vers les conditions de maintien de l’ordre. La prochaine étape à suivre sera la manière dont les institutions traiteront le projet de référendum et les demandes d’explications sur les heurts.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. France 24 — Mondefrance24.com
  2. France 24 — Mondefrance24.com
  3. RFIrfi.fr