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Europe

En Allemagne, la rue répond à la percée de l’AfD

Après le scrutin en Saxe-Anhalt, une mobilisation nationale a réuni selon ses organisateurs 150 000 personnes. Elle remet l’interdiction de l’AfD au centre du débat politique.

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L’essentiel

  • Les organisateurs ont revendiqué 150 000 manifestants contre l’AfD dans de nombreuses villes allemandes.
  • La mobilisation suit le score de près de 44 % de l’AfD en Saxe-Anhalt et les discussions engagées pour former un gouvernement régional.
  • Les manifestants réclament une procédure d’interdiction de l’AfD, une option dont l’opportunité reste disputée.
  • Les prochains scrutins régionaux mesureront si la percée de l’AfD dépasse son bastion de Saxe-Anhalt.

Quelque 150 000 personnes ont manifesté samedi contre l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), selon les organisateurs. Les rassemblements, lancés par la campagne nationale Prüf, ont eu lieu dans une vingtaine de villes d’après France 24. La RTS évoque pour sa part plus de trente villes.

Berlin, Hambourg et Munich figuraient parmi les principaux lieux de mobilisation. La police berlinoise a fait état de plusieurs milliers de participants dans la capitale. Campact, organisation associée à la campagne, a avancé les chiffres de 25 000 manifestants à Hambourg et de 12 000 à Munich.

Cette réaction intervient moins d’une semaine après le score de près de 44 % obtenu par l’AfD en Saxe-Anhalt. Le parti antimigrants et prorusse cherche désormais à former un exécutif dans ce Land de l’est de l’Allemagne. Il mène des discussions avec le petit parti prorusse BSW, selon la RTS. L’issue de ces négociations reste incertaine.

Une mobilisation contre le pouvoir régional, pas seulement contre un parti

La participation revendiquée traduit une capacité de mobilisation nationale des opposants à l’AfD, y compris dans de grandes villes éloignées de la Saxe-Anhalt. Elle ne modifie toutefois pas le résultat électoral régional ni ne tranche la question de la formation du gouvernement.

Les manifestants demandaient principalement l’ouverture d’une procédure visant à interdire l’AfD. Christoph Bautz, de Campact et coorganisateur de la mobilisation, a justifié cette ligne par la nécessité, selon lui, d’une démocratie capable de se défendre contre ceux qu’il qualifie d’ennemis de la Constitution.

L’appel à l’interdiction est donc devenu le point de convergence de la protestation. Mais les sources soulignent que l’opportunité même d’une telle procédure divise. La manifestation rend cette option plus visible dans le débat public ; elle ne constitue ni une décision institutionnelle ni l’ouverture d’une procédure.

Un débat sous le poids de l’histoire allemande

La mobilisation se déroule dans un pays où la mémoire du nazisme pèse fortement dans le rapport à l’extrême droite. Les participants interrogés par la RTS décrivent le scrutin de Saxe-Anhalt comme un signal d’alarme et expriment leur crainte d’une progression durable de l’AfD.

La situation revêt aussi une portée institutionnelle particulière : si les discussions en cours aboutissaient, l’Allemagne connaîtrait son premier gouvernement régional d’extrême droite depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, selon les médias cités. En Saxe-Anhalt, l’AfD est déjà classée comme extrémiste avérée par les services de renseignement, précise la RTS.

Le rapport de forces allemand se joue ainsi sur deux terrains distincts. Dans les urnes, l’AfD a réalisé une percée majeure dans l’un de ses bastions de l’ex-Allemagne de l’Est. Dans la rue, ses adversaires affichent une mobilisation importante et cherchent à pousser les institutions à agir.

Les prochains scrutins régionaux, notamment au Mecklembourg-Poméranie occidentale et à Berlin, diront si l’épisode de Saxe-Anhalt reste un cas régional ou annonce une dynamique plus large. D’ici là, le débat allemand devrait porter autant sur les réponses juridiques et politiques à l’AfD que sur sa capacité effective à exercer le pouvoir régional.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. France 24 — Europefrance24.com
  2. France 24 — Mondefrance24.com
  3. RTS Inforts.ch