Les funérailles de Harald V réaffirment le rôle rassembleur de la monarchie norvégienne
À Oslo, les obsèques du roi Harald V ont réuni la population et des dirigeants européens. Elles ouvrent le règne de Haakon VIII dans une monarchie redevenue populaire.
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L’essentiel
- Les funérailles de Harald V ont clos treize jours de deuil national et rassemblé des milliers de personnes à Oslo.
- Haakon VIII succède à son père dans une monarchie dont le soutien est remonté à 72 % après le décès du roi.
- La présence de dirigeants et de familles royales européennes a donné aux obsèques une portée diplomatique, particulièrement nordique.
La Norvège a rendu mercredi un dernier hommage au roi Harald V, mort le 28 août à 89 ans. Après treize jours de deuil national, son cercueil a traversé Oslo entre le palais royal et la cathédrale, avant son inhumation à la forteresse d’Akershus.
La cérémonie a montré la double fonction, protocolaire et symbolique, de la monarchie norvégienne. Le pays a observé une minute de silence. Les cloches devaient ensuite sonner pendant une heure. Des milliers de personnes ont suivi le cortège dans la capitale ; la police en a compté 48 000, selon Keystone-ATS.
Le roi n’exerce pas le gouvernement, mais cette journée a placé la Couronne au centre d’un moment collectif. Dans son éloge, le Premier ministre Jonas Gahr Støre a présenté Harald V comme un souverain ayant rapproché la solennité de la population et défendu une idée inclusive de la communauté nationale. Des représentants de différentes confessions, ainsi qu’un intervenant de la minorité samie, ont pris part à l’office religieux.
Une succession déjà incarnée
Harald V était monté sur le trône en 1991 et avait refusé d’abdiquer malgré des problèmes de santé répétés. Son fils et successeur, Haakon VIII, a marché derrière le cercueil avec sa sœur et ses enfants. Cette présence donne une image concrète de la continuité dynastique : le deuil du souverain s’accompagne immédiatement de l’installation de son héritier.
La nouvelle reine, Mette-Marit, convalescente après une greffe des poumons en juin, et la reine Sonja ont suivi le cortège en voiture. Après l’inhumation, Haakon VIII, Mette-Marit, leurs enfants et Sonja ont salué la foule depuis le balcon du palais royal.
Ce passage de témoin intervient après une période difficile pour la famille royale. Des controverses touchant Mette-Marit et les affaires judiciaires concernant son fils avaient fait tomber le soutien à la monarchie à 60 % en février. Un sondage publié après la mort du roi le situe désormais à 72 %, soit huit points de plus que lors de la précédente enquête de mai. La popularité personnelle de Haakon VIII est élevée, tandis que l’opinion reste divisée sur Mette-Marit.
Une cérémonie nordique et européenne
Les obsèques ont aussi été un rendez-vous diplomatique. Le prince William, des souverains scandinaves et des représentants des familles royales espagnole, belge, néerlandaise, monégasque, jordanienne et japonaise étaient présents. Les présidents ukrainien Volodymyr Zelensky, allemand Frank-Walter Steinmeier et finlandais ont également assisté à la cérémonie, avec plusieurs chefs de gouvernement étrangers.
Cette affluence souligne les liens étroits entre les monarchies nordiques, qui partagent des traditions dynastiques et une proximité institutionnelle, tout en donnant à l’événement une dimension européenne. Le survol de quatre avions F-35 en formation « missing man », une formation dont un appareil manque volontairement, a ajouté un hommage militaire à la cérémonie.
L’organisation a mobilisé près de 3 000 policiers. Harald V doit reposer dans un sarcophage dont le coût annoncé est de 1,7 million d’euros, sans que les sources ne précisent qui finance cette dépense ni son coût total. Au-delà du cérémonial, le nouveau règne sera donc jugé sur sa capacité à préserver le capital de confiance retrouvé par la Couronne.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.


