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A Dallas, les républicains font des élections un référendum sur Trump

Une convention inédite place Donald Trump au centre de la campagne de mi-mandat. Le pari est de mobiliser son électorat personnel, au risque d’accentuer la gêne des candidats les plus exposés.

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L’essentiel

  • La convention républicaine de Dallas est la première organisée pour des élections de mi-mandat.
  • Donald Trump veut mobiliser les électeurs qui lui sont personnellement fidèles en faisant du scrutin un vote sur sa présidence.
  • Cette stratégie inquiète des candidats engagés dans des courses serrées, qui redoutent le poids de l’impopularité présidentielle.
  • Le rassemblement sert aussi à lever des fonds à quelques semaines du scrutin du 3 novembre.

Les républicains américains ouvrent à Dallas une convention de deux jours consacrée aux élections de mi-mandat du 3 novembre. C’est une première pour le parti hors d’une année d’élection présidentielle. Aucun candidat n’y sera investi : le format est conçu comme un grand rassemblement de campagne autour de Donald Trump.

Le président doit prononcer le discours principal de la première soirée puis revenir pour la clôture, après le vice-président JD Vance. Plus de 100 élus et candidats à la Chambre des représentants sont attendus, avec plus de 50 prises de parole ou présentations prévues chaque soir. Des membres du gouvernement et des candidats à des sièges disputés au Congrès figurent aussi au programme.

Mobiliser un électorat attaché au président

La stratégie consiste à transformer des élections législatives en vote sur le président. Donald Trump a lui-même demandé à ses soutiens de se comporter comme si son nom figurait sur le bulletin. Les organisateurs veulent mettre en avant les baisses d’impôts, la politique migratoire, l’industrie manufacturière et le prix des médicaments sur ordonnance, tout en présentant les démocrates comme trop à gauche.

Le calcul est clair : une partie de ses électeurs ne se mobiliserait que lorsqu’il est directement candidat. Matthew Green, professeur de science politique à la Catholic University of America, estime que ces électeurs sont d’abord fidèles à Trump plutôt qu’au Parti républicain. Faire du président la figure centrale peut donc servir à les ramener aux urnes dans un scrutin où l’ensemble de la Chambre est renouvelé et où le contrôle du Sénat est en jeu.

Mais cette personnalisation lie aussi davantage le sort des candidats locaux à celui d’un président impopulaire. Les sources évoquent une cote de popularité inférieure à 35 %, dans un contexte de hausse des prix, notamment de l’essence, et de guerre avec l’Iran. Le modèle de Decision Desk HQ anticipe une perte de la Chambre par les républicains et envisage également une majorité démocrate étroite au Sénat.

Des candidats entre visibilité nationale et distance locale

Le rassemblement révèle ainsi une tension au sein du parti. Plusieurs candidats engagés dans des circonscriptions serrées ne se rendent pas à Dallas. Certains ont retiré discrètement le nom de Donald Trump de leurs affiches, selon RFI. Pour eux, l’association avec le président peut éloigner les électeurs indépendants, tout en leur faisant perdre des journées de campagne dans leur propre circonscription à l’approche du vote anticipé.

Mike Johnson, président de la Chambre, a reconnu que des élus devaient rester sur le terrain pendant cette période décisive. Matthew Green relève aussi qu’un candidat fragile a intérêt à prendre ses distances avec Trump, à la fois en raison de son impopularité et du coût politique d’un déplacement.

L’événement est enfin une opération de financement. Les participants ont été invités à verser au moins 25 000 dollars pour les billets et l’hébergement. Une table ronde avec le président est proposée à 250 000 dollars par personne. Le parti cherche donc à concentrer attention médiatique, mobilisation militante et collecte de fonds. Son risque est de confirmer que, même lorsque Trump n’est pas candidat, la campagne républicaine dépend d’abord de lui.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 3 rédactions indépendantes.

  1. Euronewsfr.euronews.com
  2. RFIrfi.fr
  3. The Guardian — Worldtheguardian.com