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Europe

Italie : un décret scolaire entre voile intégral et quotas linguistiques

Le gouvernement Meloni a approuvé un décret visant le voile couvrant le visage à l’école et limitant la part d’élèves peu italophones par classe. Son application concrète et son examen parlementaire seront décisifs.

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Enseignant aidant des élèves en classe
Enseignant aidant des élèves en classe. Photographie d’archive. Image : Unknown authorUnknown author (Public domain)

L’essentiel

  • Le décret-loi italien vise les voiles couvrant le visage à l’école, mais les sources divergent sur l’étendue précise de l’interdiction.
  • Un plafond de 30 % d’élèves peu italophones est prévu dans les classes concernées, avec des dérogations et des cours d’italien supplémentaires.
  • Le texte doit être ratifié par le Parlement dans les 60 jours, tandis que ses modalités concrètes restent à préciser.

Le gouvernement italien a approuvé en Conseil des ministres un décret-loi qui associe deux mesures scolaires distinctes : l’interdiction de certains voiles couvrant le visage et un plafond de 30 % d’élèves maîtrisant peu l’italien dans les classes concernées.

Le texte devra encore être ratifié par le Parlement dans les 60 jours. Un décret-loi peut toutefois produire ses effets sans attendre cette étape, après sa publication au Journal officiel, selon RFI. L’enjeu est donc à la fois juridique et pratique : le gouvernement fixe une règle nationale, mais ses modalités d’application dans les écoles restent centrales.

Une interdiction dont le périmètre diffère selon les sources

La BBC décrit une interdiction visant la burqa et le niqab dans les établissements scolaires, sans inclure le hijab, qui laisse le visage apparent. Giorgia Meloni a défendu le principe d’un visage découvert à l’école et présenté la mesure comme une question de protection des jeunes femmes.

RFI rapporte un champ plus large : le décret interdirait le voile islamique, notamment burqa et niqab, ainsi que tout accessoire dissimulant le visage. La radio évoque des amendes allant de 200 à 1 000 euros. Ces deux descriptions ne sont pas entièrement concordantes sur les vêtements concernés. La formulation définitive publiée du décret permettra de trancher ce point, qui est déterminant pour apprécier la portée exacte de l’interdiction.

Le débat sur les libertés fondamentales dépendra précisément de ce périmètre. Une règle limitée aux vêtements cachant le visage ne soulève pas les mêmes questions qu’une interdiction de tout voile religieux. Les articles fournis ne détaillent ni le raisonnement juridique du gouvernement ni les éventuelles garanties prévues pour les élèves. Ils ne permettent donc pas de conclure à ce stade à la compatibilité ou à l’incompatibilité de la mesure avec les libertés fondamentales. Le contrôle parlementaire, puis éventuellement judiciaire, sera à suivre.

Un plafond présenté comme linguistique

La seconde mesure introduit un plafond de 30 % pour les élèves ayant une faible maîtrise de l’italien, au début du primaire, du collège et du lycée. Giuseppe Valditara, ministre de l’Éducation, affirme que le critère est linguistique et non lié à la nationalité.

La BBC précise cependant que les critères combinent langue, nationalité et parcours scolaire. Dans le primaire, seraient concernés les élèves sans nationalité italienne qui ne sont pas nés dans le pays ou n’ont pas suivi au moins deux années de maternelle. Dans le secondaire, le dispositif viserait les élèves non italiens n’ayant pas achevé avec succès trois années dans le système scolaire italien.

Les bureaux scolaires locaux devraient répartir plus largement ces élèves entre les établissements proches. Lorsque cela s’avérerait impossible, des dérogations et des cours d’italien supplémentaires sont annoncés. Le gouvernement dit vouloir empêcher la constitution de « classes-ghettos ». RFI indique que 34 000 classes dépassent déjà le seuil retenu.

L’Italie disposait déjà, depuis 2010, d’une consigne ministérielle fixant en principe un plafond de 30 % pour les élèves sans nationalité italienne. Le décret donnerait cette limite une force légale accrue. Selon la Fondazione ISMU citée par la BBC, les élèves non italiens représentent 11,6 % des effectifs scolaires ; RFI attribue le même chiffre à l’Institut national de statistique.

Parents concernés et débat sur l’intégration

Le projet prévoit aussi des cours d’italien gratuits pour certains parents confrontés à des difficultés linguistiques. D’après la BBC, les écoles devraient signaler aux services sociaux les situations où des obstacles persistants de langue chez les personnes responsables de l’enfant entravent son intégration. RFI présente cet apprentissage comme obligatoire et assorti d’une sanction financière en cas de manquement.

L’opposition de centre gauche dénonce une mesure de communication qui risquerait de nuire à l’intégration. Le gouvernement soutient à l’inverse qu’une meilleure maîtrise de l’italien et une répartition plus équilibrée des élèves doivent faciliter l’inclusion. La question opérationnelle sera celle des moyens : les dérogations et les renforts d’enseignement annoncés conditionneront l’effet réel du plafond dans les zones où les écoles ne peuvent redistribuer leurs élèves.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. BBC News — Worldbbc.co.uk
  2. RFIrfi.fr