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Europe

En Saxe-Anhalt, l’AfD gagne sans encore pouvoir gouverner seule

Arrivée largement en tête des élections régionales, l’AfD reste à trois sièges de la majorité. La composition de son nouveau groupe et les refus de coalition placent sa victoire sous forte pression politique.

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Affiche électorale d'un parti politique allemand
Affiche électorale d'un parti politique allemand. Photographie d’archive. Image : Tipp02 (CC BY-SA 3.0)

L’essentiel

  • L’AfD arrive en tête en Saxe-Anhalt avec 44 % des voix, mais ses 39 sièges ne suffisent pas à gouverner seule.
  • Les autres partis refusent pour l’heure toute coalition avec l’AfD, qui devrait obtenir des soutiens extérieurs pour diriger le Land.
  • Des enquêtes et des controverses sur le parcours de certains futurs élus placent le nouveau groupe parlementaire sous surveillance.

L’Alternative pour l’Allemagne (AfD) est arrivée largement en tête des élections régionales du 6 septembre en Saxe-Anhalt. Avec 44 % des voix, selon France 24, le parti devance nettement la CDU, créditée de 18,5 %, et Die Linke, à 9 %.

Son chef de file, Ulrich Siegmund, a remporté une victoire inédite par son ampleur pour l’extrême droite allemande depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais ce succès électoral ne lui donne pas, à ce stade, les moyens de diriger seul le Land.

Une victoire sans majorité de gouvernement

L’AfD dispose de 39 sièges sur les 83 du Parlement régional, soit trois de moins que la majorité absolue, d’après le Guardian. Elle ne peut donc pas former seule l’exécutif du Land, contrairement à l’objectif affiché pendant la campagne.

La prochaine étape dépendra des autres groupes. Les partis établis ont jusqu’ici exclu une coalition avec l’AfD. Pour accéder au gouvernement régional, le parti devrait donc convaincre une autre formation de le soutenir, ou obtenir le ralliement de députés d’autres camps. Aucun accord de ce type n’est rapporté à ce stade.

La victoire change néanmoins le rapport de forces. L’AfD devient le groupe dominant au Parlement de Saxe-Anhalt et Ulrich Siegmund a été reconduit à l’unanimité à la tête de son groupe parlementaire. Même sans entrer au gouvernement, un groupe de cette taille disposera d’une visibilité accrue et pèsera sur l’organisation des débats parlementaires comme sur l’agenda régional.

Pour la CDU, arrivée deuxième très loin derrière, le résultat pose un problème politique immédiat : comment construire une majorité qui exclut l’AfD tout en tenant compte d’un parti arrivé en tête. Die Linke, troisième, est également concernée par cette recomposition, dans un Parlement où aucune majorité alternative n’est décrite dans les sources.

Les nouveaux élus déjà examinés de près

La composition du futur groupe AfD alimente aussi la controverse. Le Guardian rapporte que plusieurs élus ou futurs élus font l’objet de critiques pour leurs parcours ou leurs liens allégués avec des milieux d’extrême droite.

Deux parlementaires font l’objet d’enquêtes liées à une possible poursuite des activités d’Artgemeinschaft, une organisation néopaïenne interdite, associée à des idées nationalistes et antisémites. L’un d’eux est aussi visé par des accusations relatives à la législation sur les armes, selon le parquet. Les deux contestent les accusations.

Le quotidien britannique évoque aussi un ancien agent de la Stasi, la police politique de l’ex-RDA, élu directement dans sa circonscription. Il a reconnu avoir travaillé pour cette institution, notamment sur les dossiers de citoyens est-allemands voulant quitter définitivement le pays. Des associations représentant des victimes de l’ancienne dictature est-allemande ont critiqué son entrée au Parlement.

D’autres liens passés avec des organisations d’extrême droite sont rapportés par ZDF, selon le Guardian. Ces éléments ne concernent pas l’ensemble des élus AfD, mais ils donnent à ses adversaires des arguments pour contester l’idée d’une banalisation du parti par sa victoire électorale.

Ulrich Siegmund a déclaré que les résultats des enquêtes en cours devaient être attendus avant toute discussion sur les élus concernés. Il a par ailleurs suscité de vives réactions en reliant la production d’armement à son projet d’intensifier les expulsions. La présidente du groupe social-démocrate au Parlement régional, Katja Pähle, y a vu une menace politique et une référence à des méthodes totalitaires.

La normalisation institutionnelle de l’AfD reste donc incomplète. Le parti a franchi un seuil électoral majeur, mais il demeure isolé pour former un gouvernement et sa capacité à apparaître comme une force de gestion est désormais mise à l’épreuve par la qualité de ses élus, les enquêtes en cours et les choix de ses dirigeants.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. France 24 — Mondefrance24.com
  2. The Guardian — Worldtheguardian.com