En Allemagne, les barons régionaux de la CDU resserrent les rangs autour de Merz
Huit dirigeants régionaux de la CDU soutiennent Friedrich Merz avant deux scrutins. Cette démonstration d’unité souligne aussi la pression qui pèse sur le chancelier.
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L’essentiel
- Huit ministres-présidents de la CDU ont affiché leur soutien à Friedrich Merz avant deux élections régionales.
- Cette unité publique répond aux spéculations sur l’avenir du chancelier après le revers historique de la CDU en Saxe-Anhalt.
- Les résultats de Berlin et du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale détermineront si la contestation interne se calme ou s’amplifie.
- L’AfD progresse dans les Länder et, selon le Guardian, arrive désormais en tête des sondages nationaux.
Huit ministres-présidents régionaux de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU) ont publiquement apporté leur soutien à Friedrich Merz. Leur message est clair : le parti doit tenter de regagner la confiance des électeurs par des décisions politiques, plutôt que de s’enfermer dans une querelle sur le nom de son dirigeant.
Cette prise de position intervient après le net revers de la CDU en Saxe-Anhalt, où l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) a recueilli 43,8 % des suffrages, contre 17,2 % pour la CDU. L’AfD reste à trois sièges de la majorité absolue et les autres grands partis excluent une coalition avec elle. Elle pourrait néanmoins chercher à gouverner sans majorité stable.
Un soutien qui confirme la pression
Le ralliement des huit dirigeants régionaux ne met pas fin aux interrogations sur l’autorité du chancelier. Il les rend visibles. Lorsqu’un parti juge nécessaire de publier une déclaration collective de soutien à son chef, c’est que l’hypothèse d’un changement de direction est déjà installée dans le débat.
Friedrich Merz dirige le gouvernement fédéral depuis seize mois et préside aussi la CDU. Selon un sondage Bild cité par la BBC, 14 % seulement des personnes interrogées estiment qu’il est la bonne personne pour exercer cette fonction. Sa communication, souvent décrite comme abrasive, et les mauvais résultats électoraux nourrissent les doutes sur sa capacité à enrayer la progression de l’AfD.
Parmi les signataires figurent des responsables que la presse présente comme de possibles successeurs, notamment Hendrik Wüst, ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Markus Söder, dirigeant de la CSU bavaroise, alliée de la CDU, a lui aussi déclaré soutenir Merz. Cette solidarité ne vaut donc pas renoncement durable aux ambitions internes : elle répond avant tout à l’urgence électorale.
Deux scrutins comme test immédiat
Les élections régionales prévues dimanche à Berlin et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale constitueront le prochain test. Dans la capitale, les sondages décrivent une compétition plus ouverte : la CDU et Die Linke se disputent la première place, tandis que l’AfD et les Verts les suivent de près. En Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, l’AfD est donnée devant le SPD, sans perspective de majorité absolue.
Pour Merz, le scénario le plus défavorable serait une perte du pouvoir à Berlin doublée d’une absence de la CDU au parlement régional de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. La direction de la CDU doit se réunir dimanche soir afin de coordonner sa réponse aux résultats.
L’enjeu dépasse ces deux Länder. Merz était arrivé au pouvoir en promettant de relancer une économie affaiblie et de répondre aux inquiétudes liées à la migration irrégulière afin de faire reculer l’AfD. Or le parti nationaliste et pro-Kremlin est désormais en tête des sondages nationaux, selon le Guardian.
Un remplacement du chancelier resterait institutionnellement possible, par une démission ou un vote de défiance, mais il est jugé peu probable à ce stade. Aucun concurrent ne s’est officiellement déclaré. La CDU mise donc sur la stabilité, en rappelant qu’une coalition fédérale disposant de sa propre majorité au Bundestag reste nécessaire. Mais cette stabilité dépendra désormais d’un résultat concret : la capacité du parti à limiter ses pertes dimanche, puis à convaincre qu’il dispose d’une ligne politique lisible jusqu’aux législatives prévues en 2029.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

