Aux Pays-Bas, des objets sur les voies révèlent la fragilité du rail
Des tubes et des câbles posés à de nombreux endroits ont bloqué mardi une grande partie du trafic ferroviaire néerlandais. L’enquête doit encore établir les auteurs et le mobile de ces actes présumés de sabotage.
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L’essentiel
- Des objets placés sur les voies ont perturbé mardi une large part du réseau ferroviaire néerlandais.
- Les systèmes de sécurité ont considéré les tronçons comme occupés, imposant l’arrêt du trafic sans qu’un train y soit nécessairement présent.
- La police, le parquet national et l’AIVD enquêtent, mais aucun auteur ni mobile n’est établi.
- Les manifestations agricoles du même jour ne sont pas reliées aux faits par les autorités.
Le réseau ferroviaire néerlandais a connu mardi une paralysie d’une ampleur inhabituelle après la découverte d’objets disposés sur les voies dans le centre et le nord du pays. Amsterdam, Utrecht, Eindhoven et les liaisons vers l’aéroport de Schiphol ont notamment été affectés.
L’opérateur d’infrastructure ProRail estime que les matériaux ont été placés intentionnellement. La BBC évoque plus de 35 incidents, tandis que RTS parle d’une trentaine de lieux. Cette différence de décompte ne change pas le constat principal : les perturbations ont touché simultanément de nombreux points du réseau.
Un système de sécurité transformé en point de blocage
Les objets signalés, dont des tubes et des câbles selon la BBC, n’avaient pas besoin de provoquer un déraillement pour arrêter les trains. ProRail explique que ses systèmes détectent leur présence comme si un train occupait le tronçon. Les signaux passent alors au rouge et les régulateurs ne peuvent plus autoriser le trafic sur la voie concernée.
Ce mécanisme est conçu pour éviter une collision lorsqu’un danger est détecté. Mais il montre aussi la vulnérabilité d’une infrastructure très interconnectée : des gestes matériels relativement simples, répétés à plusieurs endroits, peuvent neutraliser les circulations et rendre impossible une organisation de remplacement à grande échelle.
L’opérateur NS a ainsi indiqué qu’il n’était pas possible de mettre en place des bus de substitution tant le réseau était affecté. Les passages à niveau ont également subi des dysfonctionnements, avec des conséquences sur la circulation routière. Vers 15 heures, selon RTS, les voies avaient été dégagées et le trafic pouvait reprendre. La BBC rapporte qu’aucun nouveau blocage n’avait été signalé après 13 heures, mais que deux lignes restaient perturbées en soirée.
Un train a heurté un objet métallique ou un tube près de Steenwijk. Aucun blessé n’a été signalé. ProRail a relevé que le train ne circulait pas à pleine vitesse, ce qui a limité les dégâts.
Aucune piste établie à ce stade
La police a ouvert une enquête, avec l’appui du parquet national et du service néerlandais de renseignement AIVD, selon la BBC. Aucun suspect ni mobile n’ont été identifiés. Le Premier ministre Rob Jetten a qualifié les faits de perturbateurs et potentiellement mortels, tout en appelant à attendre les conclusions de l’enquête.
Les incidents se sont produits le jour de Prinsjesdag, lorsque le gouvernement présente son budget. Des agriculteurs manifestaient aussi contre des projets de réduction des émissions d’azote et des bottes de foin ont été incendiées le long de routes. Farmers Defence Force a rejeté toute responsabilité collective dans les faits ferroviaires, sans exclure que des individus puissent être impliqués. Les autorités n’ont établi aucun lien entre ces protestations et les perturbations du rail.
Extinction Rebellion, qui a mené une action distincte sur le parcours du roi Willem-Alexander, a également nié toute implication.
Pour Mirjam van Velthuizen, directrice générale par intérim de NS, l’épisode souligne la dépendance du pays au train et la nécessité d’investir dans la capacité du système à encaisser une perturbation puis à redémarrer rapidement. L’enjeu ne porte donc pas seulement sur l’identification des auteurs : il concerne aussi le coût et l’efficacité des dispositifs de continuité à prévoir pour une infrastructure essentielle.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.


