La Poste envisage jusqu’à 110 licenciements dans ses fonctions administratives
Le groupe veut réduire ses coûts d’ici fin 2027. Les postes d’exploitation sont épargnés, mais la répartition régionale des emplois menacés n’est pas précisée.
L’essentiel
- Jusqu’à 110 licenciements sont envisagés d’ici fin 2027 dans le management et les fonctions administratives de La Poste.
- Les facteurs et le personnel des filiales ne sont pas concernés ; les unités et les régions touchées ne sont pas précisées.
- La Poste invoque le recul des lettres et des opérations au guichet pour préserver son autonomie financière.
- Les syndicats contestent ces économies au regard du bénéfice du groupe et du dividende versé à la Confédération.
La Poste prépare une nouvelle baisse de ses frais de personnel. Jusqu’à 110 licenciements pourraient intervenir d’ici fin 2027 dans les fonctions de management et de support, soit les activités administratives classiques du groupe.
Le chiffre constitue un maximum, et non un bilan définitif. Une procédure de consultation est en cours dans plusieurs unités. Celles-ci ne sont pas nommées dans les informations disponibles. La Poste ne précise pas non plus la répartition des emplois menacés entre la Suisse romande, la Suisse alémanique et le Tessin.
Facteurs et personnel des filiales épargnés
La restructuration ne vise pas le personnel d’exploitation. Les employés chargés de distribuer le courrier et ceux qui travaillent dans les filiales ne sont donc pas concernés par cette annonce.
La Poste entend réduire le nombre de licenciements au moyen des départs ordinaires, des retraites anticipées et des départs à la retraite. Si des suppressions restent nécessaires, le groupe indique qu’il appliquera les accords conclus avec les partenaires sociaux.
Le syndicat Transfair demande d’aller plus loin. Il veut que toutes les possibilités de reclassement, de reconversion et de maintien dans le groupe soient examinées avant qu’un contrat ne soit résilié. Il rappelle que plusieurs restructurations ont déjà touché La Poste depuis 2024, notamment dans l’informatique, chez CarPostal, PostFinance, RéseauPostal et Digital Health.
Des recettes qui ne suivent plus
La Poste justifie ces économies par le recul du volume des lettres et des transactions réalisées au guichet. Les hausses tarifaires et le développement de nouvelles activités ne suffisent pas encore à compenser la diminution des produits.
La direction présente donc la baisse des coûts comme une condition de son autonomie financière à long terme. Son objectif déclaré est de continuer à financer le service public sans faire appel à l’argent des contribuables.
Cette justification est contestée par Syndicom. Le syndicat souligne que La Poste a dégagé un bénéfice de 139 millions de francs au premier semestre 2026. Il relève aussi que la Confédération perçoit un dividende de 150 millions de francs. À ses yeux, cette somme devrait plutôt servir à préserver les emplois, former le personnel, soutenir la numérisation et maintenir la qualité des prestations.
Syndicom affirme en outre que plus de 430 personnes ont été touchées depuis 2025 par des suppressions de postes, des externalisations ou des fermetures d’entreprises. Transfair parle, de son côté, de plusieurs centaines d’emplois supprimés en peu de temps.
Pas de réduction immédiate annoncée au guichet
Pour les usagers, cette restructuration ne prévoit donc pas, à ce stade, de diminution directe des effectifs dans la distribution ou les filiales. La Poste assure que les économies doivent au contraire lui permettre de maintenir un service public de qualité.
Les syndicats redoutent toutefois qu’une succession de restructurations finisse par affaiblir ce service. Aucun effet concret sur les horaires, le réseau de filiales ou la fréquence de distribution n’est annoncé dans le cadre de ce plan. La portée régionale et les conséquences précises resteront donc à évaluer lorsque la consultation sera achevée.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 4 rédactions indépendantes.