Aller au contenu
Économie

Canada–Etats-Unis : des surtaxes jusqu’à 50% bousculent les échanges

Ottawa taxe 27,6 milliards de dollars canadiens de produits américains. Pour les entreprises suisses, l’exposition dépend surtout de leurs sites et fournisseurs nord-américains.

L’essentiel

  • Le Canada applique des surtaxes de 15% à 50% sur 27,6 milliards de dollars canadiens de produits américains.
  • Ottawa engage 7,5 milliards de dollars canadiens pour soutenir les entreprises, le chômage et la diversification des exportations.
  • Aucune donnée fournie ne permet encore de chiffrer l’impact sur les entreprises suisses.
  • L’absence de reprise des négociations accroît l’incertitude pour les chaînes d’approvisionnement nord-américaines.

Le Canada a mis en vigueur mardi 8 septembre des surtaxes de 15%, 25% ou 50% sur une série de marchandises américaines. L’acier, les produits laitiers, l’électronique et la pâte à papier figurent parmi les secteurs concernés.

Ces mesures portent sur environ 27,6 milliards de dollars canadiens d’importations. Ottawa affirme avoir calibré sa riposte sur la valeur des produits canadiens frappés depuis le 22 août par des droits américains de 50%.

Cette nouvelle étape ne constitue donc plus une simple menace de négociation. Les taxes sont désormais appliquées à des flux commerciaux réels entre deux économies très intégrées. Elles augmentent le coût des marchandises visées, avec des conséquences possibles pour les importateurs, leurs fournisseurs et leurs clients.

Une forte dépendance bilatérale

Le rapport de force reste défavorable au Canada par la taille et par sa dépendance commerciale. Près de 60% de ses importations viennent des Etats-Unis, tandis qu’environ 70% de ses exportations prennent la direction du marché américain.

Les négociations ont été rompues le 21 août par le premier ministre canadien Mark Carney. Aucun retour à la table des discussions n’est annoncé. Le président américain Donald Trump menace en outre de relever de 25% à 50% les droits visant l’industrie automobile canadienne dès le 1er janvier.

L’aéronautique est également entrée dans le conflit. Donald Trump a menacé les ventes de Bombardier aux Etats-Unis. Le constructeur canadien souligne en retour sa présence dans une vingtaine d’Etats américains et ses relations avec 2800 fournisseurs. Cet exemple montre que les droits de douane entre deux pays peuvent aussi toucher des emplois et des entreprises situés du côté qui les impose.

Une facture publique déjà engagée

Ottawa a prévu 7,5 milliards de dollars canadiens, soit environ 4,4 milliards de francs, pour soutenir les secteurs affectés. L’enveloppe doit financer des aides à la trésorerie, renforcer les indemnisations chômage et favoriser la recherche de nouveaux débouchés à l’exportation.

Cette dépense donne une première mesure du coût économique anticipé par le gouvernement canadien. Elle ne dit toutefois pas combien de pertes seront effectivement compensées, ni dans quelle proportion les entreprises réussiront à remplacer leurs marchés américains.

Une exposition suisse encore impossible à chiffrer

Les sources disponibles ne nomment aucune entreprise suisse et ne chiffrent ni les exportations helvétiques concernées ni les investissements suisses au Canada et aux Etats-Unis. Il n’est donc pas possible, à ce stade, d’établir une facture pour l’économie suisse.

Pour une société suisse active en Amérique du Nord, l’exposition ne dépend pas seulement de son siège. Elle peut varier selon le lieu de production, l’origine des composants, le passage éventuel de marchandises par la frontière canado-américaine et les secteurs couverts par les surtaxes. L’acier, l’électronique, la pâte à papier, l’automobile et l’aéronautique méritent une attention particulière au vu des mesures et menaces annoncées.

A l’échelle mondiale, le principal effet immédiat est une pression accrue en faveur de nouveaux fournisseurs et de nouveaux marchés. Le fonds de diversification canadien vise précisément cet objectif. Cette réorientation peut ouvrir des débouchés, mais elle peut aussi intensifier la concurrence sur les marchés tiers. Faute d’accord entre Ottawa et Washington, les entreprises doivent désormais intégrer des droits pouvant atteindre 50% dans leurs décisions d’approvisionnement et d’investissement.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. 20 minutes20min.ch
  2. Le Tempsletemps.ch