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Washington refuse encore un visa à Mahmoud Abbas avant l’ONU

Les États-Unis prolongent leurs restrictions de visa contre des responsables palestiniens avant l’Assemblée générale. Mahmoud Abbas risque une nouvelle intervention à distance, sur fond de désaccord avec 142 États.

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Portrait d’un homme âgé en costume
Portrait d’un homme âgé en costume. Photographie d’archive. Image : Kremlin.ru (CC BY 4.0)

L’essentiel

  • Les États-Unis refusent pour la deuxième année consécutive un visa à Mahmoud Abbas avant l’Assemblée générale de l’ONU.
  • Washington invoque l’absence de réformes et des initiatives palestiniennes jugées contraires aux perspectives de paix.
  • Une intervention à distance reste possible, mais la décision limite la représentation palestinienne en personne.
  • Les sources ne permettent pas de trancher la conformité de ce refus avec le rôle des États-Unis comme pays hôte de l’ONU.

Les États-Unis ont annoncé la prolongation de sanctions empêchant l’attribution de visas à des membres de l’Organisation de libération de la Palestine et à des responsables de l’Autorité palestinienne. Mahmoud Abbas, président de cette dernière, est concerné à l’approche de l’Assemblée générale des Nations unies prévue la semaine prochaine.

C’est la deuxième année de suite que Washington lui ferme l’accès à cette réunion. L’an dernier, le dirigeant palestinien avait dû intervenir par vidéoconférence. Cette formule lui permettrait encore de s’exprimer devant l’Assemblée, mais limite de fait sa participation directe aux échanges qui se tiennent autour de ce rendez-vous diplomatique.

Les reproches américains

Le département d’État explique sa décision par l’absence de réformes que l’Autorité palestinienne aurait promises aux États-Unis. Il lui reproche aussi des initiatives qui, selon Washington, nuisent aux perspectives de paix.

L’administration américaine vise notamment les démarches palestiniennes auprès de la Cour pénale internationale et de la Cour internationale de justice. Pour Washington, ces recours déplacent le conflit israélo-palestinien sur le terrain international au lieu de passer par des négociations.

Les États-Unis contestent également la recherche d’une reconnaissance unilatérale d’un État palestinien. Ils mettent en cause le maintien d’allocations destinées à des personnes qu’ils qualifient de terroristes, ainsi que la valorisation d’actes terroristes et de leurs auteurs dans des déclarations publiques et des manuels scolaires.

Ces motifs sont ceux avancés par Washington. Les sources fournies ne rapportent ni réponse de l’Autorité palestinienne à ces accusations, ni élément permettant d’établir la compatibilité juridique de ce refus avec les obligations des États-Unis en tant que pays hôte de l’ONU.

Une représentation palestinienne affaiblie

La mesure ne retire pas à Mahmoud Abbas la possibilité de s’adresser à l’Assemblée générale à distance. Elle réduit toutefois la portée pratique de la présence palestinienne à un moment où les délégations cherchent aussi à obtenir des soutiens politiques en marge des interventions officielles.

La décision souligne surtout l’écart entre la position américaine et celle d’une large partie des États membres. Selon les informations rapportées, 142 pays ont reconnu l’État de Palestine à l’issue d’une conférence sur la solution à deux États coprésidée par la France et l’Arabie saoudite.

Washington traite ainsi l’accès au territoire américain comme un levier de pression sur l’Autorité palestinienne. Sur le plan diplomatique, le choix risque de concentrer l’attention sur les conditions de représentation palestinienne plutôt que sur le débat de fond que Mahmoud Abbas entendrait porter devant l’ONU. La prochaine question concrète est de savoir s’il s’exprimera de nouveau par vidéoconférence.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. France 24 — Mondefrance24.com
  2. RTS Inforts.ch