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Trump menace l’UE de droits de douane après le projet canadien

Donald Trump brandit de nouvelles mesures commerciales contre l’Union européenne si elle associe davantage le Canada. Le projet institutionnel reste pourtant à définir et son adoption est loin d’être acquise.

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Portrait de Donald Trump
Portrait de Donald Trump. Photographie d’archive. Image : Daniel Torok (Public domain)

L’essentiel

  • Donald Trump menace l’Union européenne de lourds droits de douane, voire d’une rupture des échanges, en réaction au projet de statut associé pour le Canada.
  • Le projet UE-Canada veut étendre la coopération au-delà du CETA, notamment à la défense, l’énergie et aux technologies.
  • Aucune mesure américaine n’est décidée à ce stade, et le statut européen envisagé n’a pas encore de contours juridiques définis.
  • L’accord devra surmonter des réserves politiques et juridiques au sein de l’Union comme au Canada.

Donald Trump a menacé l’Union européenne de droits de douane « très lourds », voire d’un arrêt des échanges commerciaux, si Bruxelles donne au Canada le statut inédit de membre associé. Le président américain juge que cette initiative pourrait être un « acte hostile » envers les États-Unis.

Cette réaction vise une proposition présentée mercredi par Ursula von der Leyen, en présence du Premier ministre canadien Mark Carney. La présidente de la Commission européenne souhaite bâtir avec Ottawa une « Alliance pour l’avenir », à partir de l’accord de libre-échange CETA déjà en vigueur.

Le projet irait au-delà du commerce. Les domaines cités par Ursula von der Leyen comprennent notamment l’industrie de pointe, la défense, l’énergie, les minerais critiques, les batteries, l’intelligence artificielle, le quantique, la cybersécurité, l’Arctique et la sécurité économique. Elle a présenté ce rapprochement comme un partenariat de force commune, non dirigé contre un autre pays.

Une menace qui s’ajoute à des tensions déjà installées

La déclaration de Donald Trump ne constitue pas encore une décision tarifaire. Elle fixe une condition : Washington agirait si le projet européen était considéré comme hostile. L’ampleur exacte d’éventuelles mesures, les produits visés et leur calendrier ne sont donc pas connus.

Mais la menace intervient dans une relation commerciale déjà tendue. L’Union européenne a conclu avec Washington un accord plafonnant à 15 % les droits de douane sur la grande majorité de ses exportations. En contrepartie, l’Europe a supprimé ses droits de douane sur les produits industriels américains. Une nouvelle surtaxe américaine remettrait directement sous pression cet équilibre, sans que les sources indiquent ce qu’envisagerait Bruxelles en retour.

Donald Trump a aussi signé un mémorandum demandant au gouvernement américain d’exclure des produits canadiens du système fédéral de marchés publics. La Maison Blanche présente cette initiative comme une réponse à la politique canadienne « Buy Canadian », qui privilégie les biens produits au Canada.

Pour Ottawa, la diversification des partenaires commerciaux prend une importance particulière. Les États-Unis absorbent environ 70 % des exportations canadiennes, selon Euronews. Les tensions tarifaires et les déclarations répétées de Donald Trump sur un éventuel 51e État américain ont déjà dégradé les relations entre les deux voisins.

Un statut sans contours précis

Le rapprochement UE-Canada reste toutefois au stade de la proposition. Ursula von der Leyen n’a pas détaillé le contenu juridique ou institutionnel d’un statut de membre associé. Jonathan Wilkinson, ambassadeur désigné du Canada auprès de l’Union européenne, a précisé qu’Ottawa ne demandait pas une adhésion complète, qui impliquerait selon lui un abandon partiel de souveraineté. Le Canada cherche plutôt à se rapprocher au maximum de l’UE tout en renforçant sa propre autonomie.

La France a apporté son soutien politique au projet. Le ministre chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, l’a qualifié de bonne idée, tout en reconnaissant que la forme institutionnelle de l’association restait ouverte.

L’accueil est cependant décrit comme prudent dans plusieurs capitales et au Canada. La revue de presse de France 24 rapporte que certains diplomates européens jugent le projet trop complexe sur le plan juridique, notamment si les deux parties devaient harmoniser une partie de leurs règles. Elle relève aussi que dix des 27 États membres n’ont pas encore ratifié le CETA, signé il y a dix ans.

La portée immédiate de la menace américaine dépendra donc de deux inconnues : la traduction concrète du statut proposé et la capacité des États membres à s’accorder sur celui-ci. En l’état, le projet européen ouvre une négociation politique avec Ottawa, tandis que Washington tente déjà d’en relever le coût commercial potentiel.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. Euronewsfr.euronews.com
  2. France 24 — Mondefrance24.com
  3. France 24 — Mondefrance24.com