Russie unie garde la Douma, un résultat utile au Kremlin
Les résultats préliminaires donnent au parti soutenu par Vladimir Poutine une majorité constitutionnelle à la Douma. Le scrutin offre un levier politique au pouvoir, mais son pluralisme apparaît très limité.
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L’essentiel
- Russie unie est en voie de conserver une majorité constitutionnelle à la Douma d’État, selon les résultats préliminaires.
- Les partis admis au Parlement sont déjà favorables au Kremlin, tandis que Yabloko a été écarté de la liste nationale.
- Le Kremlin peut présenter le vote comme un soutien à la poursuite de la guerre, malgré les limites du pluralisme électoral.
- La question d’une future mobilisation reste sensible, bien que Vladimir Poutine l’ait écartée à ce stade.
Russie unie, le parti soutenu par Vladimir Poutine, est en voie de conserver une majorité constitutionnelle à la Douma d’État, la chambre basse du Parlement russe. Les résultats préliminaires ne réservent aucune surprise : aucune autre formation ne s’approche de son niveau.
Le vote s’est tenu dimanche 20 septembre, au terme de trois jours de scrutin. France 24 évoque une large majorité remportée par le parti présidentiel. La BBC indique que les chiffres préliminaires pourraient même donner à Russie unie une avance plus importante que lors de la législature précédente.
Un Parlement appelé à rester aligné
Une majorité constitutionnelle donne au pouvoir une assise parlementaire particulièrement solide. Les partis qui dépassent le seuil de 5 % pour siéger figuraient déjà dans la Douma sortante. Selon la BBC, ils soutenaient alors le Kremlin et ce que Moscou nomme son « opération militaire spéciale » en Ukraine.
Nikolai Rybakov, président du parti Yabloko, ne prévoit pas d’inflexion. Il estime que la prochaine Douma votera comme la précédente les politiques du président. Pour le Kremlin, le résultat permet donc de présenter une continuité institutionnelle à un moment où la guerre contre l’Ukraine entre dans sa cinquième année.
La BBC estime que les autorités russes devraient s’en servir pour affirmer qu’une majorité de la population soutient le président, puis pour justifier leurs futures décisions liées au conflit. Le scrutin peut ainsi être invoqué comme un mandat politique pour poursuivre la guerre, sans que son résultat préjuge à lui seul des choix militaires à venir.
Une compétition électorale restreinte
Cette lecture du vote se heurte toutefois aux conditions dans lesquelles il s’est déroulé. La BBC décrit un système politique étroitement contrôlé par le Kremlin. Yabloko, présentée comme la seule formation opposée à la guerre autorisée à participer, a été retirée de la liste des partis par la Cour suprême douze jours après son enregistrement.
Environ une centaine de ses candidats restaient engagés dans des circonscriptions individuelles, mais aucun n’a obtenu de siège selon les résultats préliminaires. Le parti affirme que certains de ses candidats ont été emprisonnés, que d’autres ont été empêchés de se présenter et que certains de ses observateurs n’ont pas pu être enregistrés. Ces affirmations sont celles de Yabloko.
L’absence d’une offre anti-guerre organisée à l’échelle nationale limite donc la portée concurrentielle du scrutin. Elle affaiblit aussi la valeur d’un résultat que le pouvoir pourrait présenter comme une adhésion générale à sa politique.
La guerre en arrière-plan
La campagne s’est déroulée sur fond de pertes militaires russes importantes et de difficultés économiques, selon la BBC. Des pénuries de carburant ont récemment touché le pays après des frappes de drones ukrainiens contre des installations pétrolières russes.
Avant la dernière journée de vote, une attaque de drones a aussi visé la région de Moscou et touché la raffinerie de la capitale. France 24 fait également état de piratages informatiques et d’attaques ukrainiennes, auxquels Moscou a promis de répondre.
Vladimir Poutine a récemment exclu une nouvelle vague de mobilisation, estimant qu’aucun scénario ne la rendait nécessaire à ce stade. La BBC rapporte néanmoins une inquiétude persistante dans la société russe sur cette possibilité. C’est sur ce point, plus que sur la composition prévisible de la Douma, que l’usage concret du résultat électoral sera désormais observé.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.



