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Europe

Législatives russes : un vote sans opposition ouverte à la guerre

La Russie renouvelle les 450 sièges de la Douma sur trois jours. L’exclusion d’Iabloko réduit encore la capacité du scrutin à mesurer un soutien ou un rejet de la guerre en Ukraine.

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Électeurs dans un bureau de vote
Électeurs dans un bureau de vote. Photographie d’archive. Image : Jiří Sedláček (CC BY-SA 4.0)

L’essentiel

  • Les Russes élisent les 450 députés de la Douma jusqu’à dimanche, avec des résultats attendus après la clôture du vote.
  • Russie unie devrait conserver sa majorité face à des partis autorisés qui soutiennent globalement le pouvoir et la guerre.
  • L’exclusion d’Iabloko prive le scrutin de la seule liste ouvertement opposée à l’invasion de l’Ukraine.
  • Le vote peut renouveler le Parlement et mesurer une mobilisation, mais beaucoup moins départager des options politiques concurrentes sur la guerre.

Les bureaux de vote ont ouvert vendredi 18 septembre dans l’Extrême-Orient russe pour des législatives organisées sur trois jours. Les électeurs doivent renouveler les 450 sièges de la Douma, la chambre basse du Parlement. Le vote doit se poursuivre jusqu’à dimanche, à 18 heures GMT, et les premiers résultats sont attendus dans la foulée.

C’est la première élection de la Douma depuis le lancement de l’offensive russe à grande échelle contre l’Ukraine, en février 2022. Le scrutin se tient aussi dans des territoires de l’est de l’Ukraine occupés puis annexés par la Russie.

Ce que le scrutin tranche

L’élection décide formellement de la répartition des sièges au sein de la chambre basse. Russie unie, le parti de Vladimir Poutine, possède déjà la majorité dans l’assemblée sortante et devrait conserver sa domination. Selon The Guardian, le parti dirigeant tient le Parlement depuis 23 ans.

Face à lui, les candidats autorisés appartiennent au Parti communiste de la fédération de Russie, au Parti libéral-démocrate de Russie, à Russie juste et aux Nouvelles personnes. France 24 indique que ces formations soutiennent, à des degrés divers, Vladimir Poutine et la poursuite de la guerre. The Guardian les décrit comme une « opposition systémique » : des partis admis à exprimer des critiques limitées, mais qui s’alignent sur le pouvoir sur les questions essentielles.

Le scrutin peut donc donner au Kremlin une indication sur la mobilisation de son électorat et reconduire une assemblée disposée à voter ses orientations. Mais l’issue annoncée ne laisse guère entrevoir une modification du rapport de forces parlementaire ni un débat législatif contradictoire sur la guerre.

Une offre politique encore réduite

Iabloko, parti libéral opposé à la guerre, n’a pas été autorisé à présenter de liste. Il était, selon les sources, la seule force politique restante à contester ouvertement l’invasion de l’Ukraine. Son exclusion retire aux électeurs la possibilité de soutenir, dans les urnes, une liste parlementaire explicitement hostile au conflit.

Cette restriction pèse directement sur la représentativité du vote. Le résultat pourra établir quels partis autorisés obtiennent des sièges, mais il ne permettra pas de comparer leur soutien à celui d’une opposition ouverte à la guerre, absente du bulletin. La faible intensité de la campagne, relevée par The Guardian, limite aussi la visibilité des candidats et des désaccords.

Vladimir Gelman, professeur de politique russe à l’université d’Helsinki, estime que l’élection vise également à entretenir une apparence de consentement public autour du système politique et de la guerre. Vladimir Poutine a lui-même lié la participation électorale au soutien aux soldats russes dans une allocution télévisée avant le vote.

L’après-vote sous surveillance

La guerre reste l’arrière-plan principal de ces législatives. Des frappes de drones ukrainiens ont visé durant l’été des raffineries, des usines et des infrastructures logistiques en Russie, tandis que l’inquiétude sur l’évolution des combats grandit, selon The Guardian.

Des rumeurs d’une nouvelle mobilisation à grande échelle circulent également. Vladimir Poutine a écarté à deux reprises, ces dernières semaines, l’hypothèse d’une mobilisation imminente. Aucune décision de ce type n’est toutefois annoncée dans les éléments disponibles. La composition de la prochaine Douma et les décisions prises après l’élection seront donc davantage à suivre que le seul résultat attendu du parti présidentiel.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. France 24 — Europefrance24.com
  2. France 24 — Europefrance24.com
  3. The Guardian — Europetheguardian.com