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Monde

La justice américaine saisie après l’exclusion de trois médias

CNN, Politico et MS Now demandent le rétablissement de leurs accès à la Maison Blanche. L’exécutif invoque la sécurité nationale et le caractère privilégié de ces accréditations.

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L’essentiel

  • CNN, Politico et MS Now demandent à un juge fédéral de bloquer leur exclusion de la Maison Blanche.
  • Le département de la Justice invoque un privilège d’accès, le professionnalisme, le décorum et la sécurité nationale.
  • La première décision attendue portera sur une mesure provisoire, mais elle peut fixer les limites du pouvoir présidentiel face aux médias.

Trois médias américains ont saisi la justice fédérale après la décision de Donald Trump de leur interdire l’accès à la Maison Blanche. CNN, Politico et MS Now demandent au juge Timothy Kelly d’empêcher l’application immédiate de cette mesure et de rétablir leurs accréditations permanentes, les « hard passes ».

L’audience sur leur requête d’urgence est prévue mercredi 23 septembre à 15 h 30, heure de la côte Est des États-Unis. Le contentieux ne porte pas seulement sur l’accès matériel à un bâtiment présidentiel. Il pose la question des limites du pouvoir de l’exécutif lorsqu’il sélectionne les rédactions admises à suivre son activité.

La position de l’exécutif

Dans un document déposé devant le tribunal, le département de la Justice défend la décision présidentielle. Ses avocats estiment que l’accès au complexe de la Maison Blanche relève d’un privilège et non d’un droit. Ils demandent donc au juge de laisser l’interdiction s’appliquer.

L’administration soutient que les trois rédactions ne satisfont pas aux exigences minimales de professionnalisme attendues des médias ayant accès à la présidence. Elle leur reproche notamment le recours à des sources anonymes et des délais insuffisants laissés à la Maison Blanche pour répondre avant publication.

Le gouvernement invoque aussi le respect des règles de conduite et la sécurité nationale. Des lettres adressées le 22 septembre aux trois médias mentionnent des reportages que l’exécutif juge problématiques. Sont cités un sujet de CNN sur la construction d’un bunker dans l’aile Est, un reportage de MS Now sur une enquête portant sur une fuite présumée, ainsi qu’un article de Politico sur des investissements du Secret Service dans la sécurité d’une salle de bal voulue par Donald Trump.

Ces griefs sont présentés par l’exécutif comme des incidents ayant menacé la sécurité nationale ou relayé des informations fausses. À ce stade, les sources fournies ne font pas état d’une décision du tribunal validant ces accusations.

Les médias invoquent la liberté de la presse

CNN, Politico et MS Now contestent pour leur part une exclusion annoncée après que Donald Trump les a accusés de diffuser de fausses informations. Ils estiment que la mesure viole le premier amendement de la Constitution américaine, qui protège notamment la liberté de la presse.

La question soumise au juge est donc étroite mais sensible : une présidence peut-elle retirer des accès à des organes de presse en se fondant sur son appréciation de leur travail, ou une telle sélection porte-t-elle atteinte à la protection constitutionnelle du journalisme ?

L’administration ne soutient pas qu’elle interdit aux trois rédactions de publier. Elle affirme que l’enjeu est l’accès à un lieu sécurisé. Les plaignants répondent, implicitement par leur demande de rétablissement des accréditations, que l’accès quotidien aux responsables et aux événements de la Maison Blanche conditionne leur capacité à informer dans des conditions comparables à celles de leurs concurrents.

Une décision provisoire très attendue

Le juge Timothy Kelly doit d’abord statuer sur une ordonnance restrictive temporaire. Une telle décision ne trancherait pas définitivement le litige, mais elle déterminerait si les exclusions restent en vigueur pendant l’examen de l’affaire.

L’enjeu dépasse les trois rédactions concernées. Si la justice valide, même provisoirement, la large marge de manœuvre revendiquée par l’exécutif, les critères de « professionnalisme » ou de « décorum » pourraient peser davantage dans l’attribution des accès présidentiels. Si elle ordonne le rétablissement des accréditations, elle rappellera que les impératifs de sécurité invoqués par la Maison Blanche doivent être conciliés avec les garanties de la liberté de la presse.

Donald Trump a de nouveau mis en cause CNN lors de son arrivée à l’ONU, selon France 24. La procédure judiciaire permettra désormais de déplacer le conflit du terrain politique vers celui des règles applicables à l’exécutif américain.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. France 24 — Mondefrance24.com
  2. The Guardian — Worldtheguardian.com