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Ebola en RDC : les cas ralentissent, mais le reflux reste incertain

Les autorités congolaises voient un pic de l’épidémie, sur fond de baisse des cas signalés. L’OMS relève toutefois des foyers en hausse et une surveillance encore incomplète.

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Personnel en combinaison de protection médicale
Personnel en combinaison de protection médicale. Photographie d’archive. Image : Ed Uthman, Houston, Texas, USA (CC BY 3.0)

L’essentiel

  • Les autorités congolaises invoquent une baisse des nouveaux cas, d’environ 120 à 80 par jour, et le recul de plusieurs zones de santé actives.
  • L’OMS juge prématuré de parler d’un pic national, notamment après un doublement récent des cas au Nord-Kivu.
  • Les décès hors des centres de santé et le suivi incomplet des contacts entretiennent le risque de transmissions non détectées.
  • La poursuite de la réponse dépend des financements, des équipes médicales et d’une surveillance adaptée à chaque territoire.

Les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) ont annoncé avoir atteint le pic de l’épidémie d’Ebola déclarée le 15 mai. Leur constat repose d’abord sur un ralentissement des nouvelles infections : le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, a indiqué que le nombre quotidien de cas était passé d’environ 120 à environ 80.

La baisse déclarée s’accompagne d’un recul local de la transmission. Dix des 62 zones de santé n’avaient pas signalé de nouveau cas depuis plus de 22 jours, selon le ministre. Six zones peuvent ainsi être retirées du suivi actif après 42 jours sans cas, et quatre autres après 21 jours sans nouveau signalement. Au Sud-Kivu, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) rapporte aussi l’absence de nouveau cas depuis la fin mai.

Ces éléments dessinent une amélioration, surtout dans le centre de l’Ituri et à Bunia, épicentre de l’épidémie. Ils ne suffisent pourtant pas, pour l’OMS, à conclure avec certitude que la phase la plus intense est passée. L’organisation décrit une situation « mixte », très différente d’un territoire à l’autre.

Des foyers actifs et une surveillance sous pression

Le principal signal d’alerte vient du Nord-Kivu, où le nombre de cas a récemment doublé en une semaine. L’OMS se dit particulièrement préoccupée par des villes telles que Butembo. L’apparition de la maladie au Sud-Ubangi, devenue la sixième province touchée, montre aussi que l’aire de l’épidémie reste mouvante.

La prudence tient également aux indicateurs de surveillance. Une part importante des décès survient encore dans les communautés, en dehors des centres de santé. Jean Kaseya, directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies, a estimé que 60 à 70 % des morts relevaient de cette situation. Or ces décès peuvent révéler des chaînes de transmission qui n’ont pas été repérées à temps.

Le suivi des contacts reste un autre point déterminant. Selon M. Kaseya, les épidémiologistes considèrent qu’un pic est atteint lorsque tous les nouveaux cas proviennent d’une liste de contacts déjà identifiés. Mais, à Bunia, cette liste continuait de s’allonger lors de sa visite au début du mois précédent. Les autorités n’ont pas publié, dans les éléments rapportés, le taux de contacts effectivement suivis ni la part des nouveaux malades déjà connus des équipes sanitaires.

Le député de Bunia Iracan Gratien de Saint-Nicolas demande donc que les autorités rendent publics les indicateurs permettant d’étayer l’annonce. Il cite notamment une baisse durable des cas et des décès, la réduction des zones de transmission, l’origine des nouveaux cas parmi des contacts identifiés et la qualité du suivi, y compris pour les enterrements sûrs.

Une amélioration conditionnelle

Le bilan restait très lourd au 14 septembre : plus de 7 200 cas confirmés et plus de 3 475 décès, selon le ministère congolais de la Santé. L’épidémie concerne le variant Bundibugyo. Aucun traitement efficace contre ce variant n’a encore été identifié, bien que des essais cliniques soient en cours dans la région. La RDC a reçu plus de 70 000 doses du vaccin Ervebo, homologué pour le virus Ebola Zaïre, plus courant.

La maîtrise de l’épidémie dépendra désormais de moyens supplémentaires, avertit Julien Harneis, responsable de la réponse à Ebola pour l’ONU. Il cite le financement, le renfort des équipes médicales internationales et l’intensification des opérations. Le conflit en Ituri complique déjà le travail des intervenants. Le ralentissement observé est donc un signal à vérifier dans la durée, plutôt qu’un terme établi de l’épidémie.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. SWI swissinfo.chswissinfo.ch
  2. The Guardian — Worldtheguardian.com