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Amnesty documente la chaîne de commandement de la répression en Iran

L’ONG accuse les autorités iraniennes de crimes contre l’humanité pour la répression du mouvement de 2022. Son enquête vise 87 responsables et réclame un mécanisme international de justice.

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Militants masqués brandissant des pancartes contre la torture
Militants masqués brandissant des pancartes contre la torture. Photographie d’archive. Image : Michael Koppel (CC BY-SA 3.0)

L’essentiel

  • Amnesty International affirme avoir vérifié la mort de 377 personnes, dont 56 enfants, lors de la répression de 2022.
  • L’ONG documente aussi des détentions arbitraires, disparitions forcées, tortures et viols imputés aux forces de sécurité.
  • Son enquête vise 87 responsables et décrit une chaîne de commandement allant des agents de terrain aux hauts responsables.
  • Amnesty demande à l’Assemblée générale de l’ONU de créer un mécanisme international de justice pénale.

Amnesty International accuse les autorités iraniennes d’avoir commis des crimes contre l’humanité pendant la répression du mouvement « Femme, vie, liberté », déclenché en 2022 après la mort en détention de Mahsa Amini. L’organisation publie une enquête de plus de 1 000 pages, fondée notamment sur des documents étatiques divulgués et des témoignages.

Le rapport ne constitue pas une décision de justice. Il présente toutefois des éléments que l’ONG estime suffisamment étayés pour justifier des enquêtes pénales sur les responsables politiques, militaires et sécuritaires impliqués.

Des morts, des détentions et des violences sexuelles documentées

Amnesty dit avoir vérifié la mort de 377 manifestants et passants, dont 56 enfants, tués par les forces de sécurité lors des événements de 2022. L’organisation précise que le nombre réel de victimes pourrait être supérieur.

L’enquête recense aussi des arrestations arbitraires, des disparitions forcées, des actes de torture et des viols commis contre des personnes détenues en lien avec le soulèvement. Amnesty rapporte 16 cas de viols en détention, concernant des femmes, des hommes et des mineurs.

Selon les documents cités par l’ONG, les forces mobilisées disposaient notamment d’armes à feu de type militaire et de fusils à plomb. Des instructions officielles appelaient à une réponse particulièrement sévère. Amnesty en déduit que les violences ne relevaient pas seulement d’initiatives isolées d’agents sur le terrain, mais d’une action organisée.

Une responsabilité remontant la hiérarchie

L’ONG identifie 87 responsables iraniens qui devraient, selon elle, faire l’objet d’investigations pour crimes contre l’humanité. Parmi les personnes citées figurent Ali Khamenei, alors guide suprême, Ahmad Vahidi, ministre de l’Intérieur en 2022 et devenu depuis chef des Gardiens de la révolution, ainsi que Majid Mirahmadi, alors adjoint au ministère de l’Intérieur chargé de la police et de la sécurité.

L’élément central du rapport réside dans cette chaîne de commandement. Amnesty affirme avoir mis au jour un système hiérarchisé reliant les agents présents dans les rues aux responsables qui auraient ordonné, permis, facilité ou soutenu les crimes allégués. Pour une qualification de crimes contre l’humanité, l’ONG soutient donc que la question ne se limite pas aux actes matériels commis lors des manifestations, mais porte aussi sur leur caractère systématique et coordonné.

Quelle voie judiciaire possible

Amnesty demande à l’Assemblée générale des Nations unies de créer rapidement un mécanisme international de justice pénale chargé d’établir les responsabilités. Une telle instance aurait vocation à recueillir et préserver les preuves, puis à soutenir des procédures contre les personnes mises en cause.

Aucune poursuite n’est annoncée dans les sources fournies. La demande d’Amnesty est précisément motivée par l’absence de justice obtenue après la répression de 2022. L’ONG estime que cette impunité a ouvert la voie à une nouvelle répression, encore plus meurtrière selon elle, lors des manifestations nationales de janvier 2026.

Le rapport établit ainsi, du point de vue de l’organisation, une continuité dans les méthodes employées par les autorités iraniennes. La prochaine étape dépendra moins de la publication de nouveaux témoignages que de la volonté d’États et des Nations unies de créer un cadre susceptible de transformer ces éléments documentés en procédures judiciaires.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. France 24 — Mondefrance24.com
  2. The Guardian — Worldtheguardian.com