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L’Iran conditionne la réouverture d’Ormuz à des concessions américaines

Téhéran propose de rouvrir le détroit d’Ormuz en une semaine contre un arrêt des hostilités, un allégement des sanctions et le déblocage d’avoirs. Washington n’a pas encore répondu publiquement.

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Pétrolier rouge naviguant en mer
Pétrolier rouge naviguant en mer. Photographie d’archive. Image : Sarvesh Lutchmun (CC BY-SA 4.0)

L’essentiel

  • L’Iran propose de rouvrir le détroit d’Ormuz en une semaine, à condition que Washington accepte plusieurs mesures militaires et économiques.
  • Téhéran demande notamment un arrêt régional des hostilités, la reprise de ses exportations de pétrole et le dégel d’avoirs iraniens.
  • Le plan prévoit aussi la relance rapide de discussions sur le nucléaire civil iranien, mais les États-Unis n’ont pas encore répondu publiquement.
  • La route envisagée, définie avec Oman et passant surtout par les eaux iraniennes, suscite des réserves saoudiennes.

L’Iran a transmis aux États-Unis une proposition pour rouvrir le détroit d’Ormuz et relancer des discussions sur son programme nucléaire civil. Le plan, présenté cette semaine à New York par le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi à l’émissaire américain Steve Witkoff, fixe un calendrier de sept jours.

Téhéran demande d’abord une cessation des hostilités dans la région. Cette exigence inclut, selon les éléments rapportés, la fin des attaques israéliennes contre le Hezbollah au Liban et la fin des hostilités au Yémen. L’Iran réclame également la levée du blocus naval américain visant ses ports pétroliers, l’autorisation d’exporter son pétrole et le dégel d’une partie de ses avoirs, évalués à au moins 12 milliards de dollars.

Ces demandes ne constituent donc pas une simple mesure de sécurité maritime. Elles lient le retour de la circulation dans le détroit à un début de désescalade militaire et à des concessions économiques américaines. Abbas Araghchi soutient que les éléments du plan figuraient déjà dans le protocole d’accord signé en juin par Donald Trump et Massoud Pezeshkian. Mais le nouveau dispositif veut ramener de 60 jours à une semaine le délai avant l’ouverture de discussions nucléaires.

Un calendrier encore incertain

Le déroulé exact diffère légèrement selon les récits disponibles. Abbas Araghchi a indiqué que le détroit serait rouvert au septième jour si les conditions étaient remplies. Le *Guardian* rapporte pour sa part une réouverture au sixième jour, suivie le lendemain de négociations sur le programme nucléaire civil iranien.

Ces pourparlers devraient notamment aborder le retour d’inspecteurs des Nations unies sur des sites iraniens endommagés et le stock d’uranium hautement enrichi. Leur ouverture ne garantirait pas un accord rapide : les discussions sur le nucléaire pourraient durer, même si la circulation maritime reprenait auparavant.

La proposition n’est pas encore un accord. Des diplomates iraniens jugent la rencontre de trois heures avec Steve Witkoff productive, tout en doutant que les États-Unis puissent remplir les conditions exigées. Aucune réponse publique américaine n’est rapportée. Téhéran affirme avoir obtenu l’appui de la Chine et l’adhésion d’Oman, qui se trouve sur la rive méridionale du détroit.

Une route maritime au cœur du rapport de force

Le projet prévoit que les navires empruntent un nouvel itinéraire défini par l’Iran et Oman. Selon le *Guardian*, cette voie passerait principalement dans les eaux iraniennes. L’Arabie saoudite s’inquiète d’un arrangement limité à Téhéran et Mascate, sans participation des autres États du Golfe.

Depuis le début de la guerre, l’Iran impose aux navires souhaitant franchir le détroit une autorisation préalable, invoquant sa sécurité et sa souveraineté. Ceux qui ne s’y conforment pas sont régulièrement frappés, tandis que les États-Unis mènent des bombardements sporadiques contre les côtes iraniennes. Le trafic maritime est ainsi fortement perturbé.

Une réouverture réduirait la pression décrite sur les marchés mondiaux de l’énergie et rétablirait une voie de passage pour le commerce maritime. Mais elle dépendrait d’engagements américains allant bien au-delà de la navigation : sanctions pétrolières, avoirs iraniens, opérations navales et conflits au Liban et au Yémen. La réponse de Washington déterminera donc si l’offre devient une trêve négociée ou reste une proposition sans suite.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. RFIrfi.fr
  2. The Guardian — Worldtheguardian.com