En Floride, des inspecteurs accablent le centre migratoire « Alligator Alcatraz »
Le contrôle interne du DHS relève des cages extérieures, des conditions sanitaires défaillantes et des risques pour la santé. Le centre est fermé, mais les responsabilités fédérales et floridiennes restent en cause.
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L’essentiel
- Des inspecteurs du DHS ont constaté l’usage de cages métalliques extérieures de 1,67 mètre carré au centre de Floride.
- Le rapport relève aussi surpopulation, problèmes d’hygiène, accès insuffisant à l’eau et téléphones hors service.
- La Floride gérait le site au quotidien, tandis que l’État fédéral en assumait les coûts de fonctionnement.
- Le centre est fermé depuis juin 2026, rendant sans effet immédiat les dix recommandations des inspecteurs.
Le centre de détention migratoire surnommé « Alligator Alcatraz », dans les Everglades de Floride, a utilisé de petites cages métalliques extérieures pour y placer des personnes détenues. Un rapport du bureau de l’inspecteur général du département de la Sécurité intérieure (DHS) juge cette pratique inédite parmi les sites inspectés et dangereuse pour la santé et le bien-être des détenus.
L’établissement, officiellement désigné dans le rapport comme la Florida Soft-Sided Facility, a fermé en juin 2026. Mais l’inspection surprise menée en janvier, puis les archives examinées, documentent des pratiques qui posent la question du contrôle effectif de la détention migratoire lorsque l’État fédéral délègue l’exploitation d’un site à un État.
Des cages utilisées jusqu’à deux heures
Selon le rapport, les cages offraient environ 18 pieds carrés, soit 1,67 mètre carré, d’espace au sol. Le Guardian relève que cette superficie est inférieure à la moitié des 37 pieds carrés prévus par les normes nationales publiées par l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) pour un espace individuel.
Les inspecteurs ont trouvé 79 cas consignés entre juillet 2025 et janvier 2026. Les détenus pouvaient y être enfermés de quelques minutes à près de deux heures. La BBC présente ce chiffre comme 79 personnes placées dans ces enclos, tandis que le Guardian le décrit comme 79 utilisations recensées : les deux récits concordent sur l’existence de la pratique, mais pas sur l’interprétation précise du décompte.
Le personnel du centre a décrit ces cages comme des espaces d’apaisement, permettant aux détenus de se calmer et de rester seuls. Il a aussi assuré que certaines personnes demandaient à s’y rendre. Les inspecteurs ont néanmoins identifié au moins une utilisation disciplinaire, après le refus d’un détenu d’obéir à un ordre. Les cages comportaient des mécanismes de verrouillage.
Hygiène, eau et accès aux proches
Le rapport ne porte pas seulement sur ces enclos. Il constate un manque d’espace dans les zones de vie, où les personnes détenues passaient l’essentiel de leur temps. Il relève aussi un temps de loisirs insuffisant, des téléphones hors service empêchant les contacts avec les avocats ou les familles, ainsi que des manquements d’hygiène alimentaire susceptibles d’entraîner contamination et maladie.
Des détenus ont indiqué aux inspecteurs avoir un accès limité, voire inexistant, à de l’eau potable. Ils ont également signalé qu’ils ne pouvaient pas nettoyer les gobelets en plastique utilisés pour boire. Les douches, accessibles trois fois par semaine, étaient infestées de petits insectes, selon les constatations rapportées par la BBC.
Les inspecteurs ont conclu que plusieurs de ces défaillances créaient des risques importants pour la santé et la sécurité. Ils ont formulé dix recommandations, dont l’arrêt de l’usage des cages. La fermeture du site les rend sans effet pratique pour cet établissement précis, sans effacer les constats faits sur son fonctionnement.
Une responsabilité partagée et contestée
Le centre avait été créé par décret du gouverneur de Floride Ron DeSantis et construit en huit jours en 2025. La Floride en assurait la conduite quotidienne, par l’intermédiaire de son département de la gestion des urgences et de gardes privés. Le gouvernement fédéral finançait toutefois les coûts de fonctionnement.
Dans sa réponse aux inspecteurs, le DHS a soutenu que les autorités floridiennes, et non l’administration fédérale, détenaient l’autorité sur les opérations de chaque jour. Cette répartition ne met pas fin au débat sur la responsabilité : le rapport provient précisément de l’organe de contrôle interne du DHS et évalue un dispositif lié à la politique fédérale de détention des migrants.
Le cas montre les limites d’une délégation où le financement fédéral, les règles de l’ICE et l’exploitation par un État se superposent. La fermeture du camp évite que les recommandations y soient appliquées. Elle ne dit pas, à elle seule, si les autorités modifieront leurs procédures de contrôle pour empêcher que des pratiques jugées incompatibles avec un traitement humain se reproduisent ailleurs.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.



