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Europe

Explosion chez Emco en Bulgarie : sabotage évoqué, enquête ouverte

Un incendie suivi d’explosions a touché un dépôt de munitions d’Emco, près de Gorni Varpishta. Sans victime, l’incident relance les craintes sur la sécurité des sites militaires bulgares et leurs livraisons à l’Ukraine.

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Zone clôturée par des rubans de sécurité
Zone clôturée par des rubans de sécurité. Photographie d’archive. Image : Palickap (CC BY-SA 4.0)

L’essentiel

  • Une explosion et un incendie ont touché un dépôt d’Emco près de Gorni Varpishta, sans faire de blessé.
  • Emco parle de sabotage, mais le parquet enquête et aucune attribution officielle n’a été annoncée.
  • Les dégâts et l’effet sur les livraisons privées de munitions bulgares à l’Ukraine ne sont pas connus.
  • L’affaire survient après un incendie voisin et s’inscrit dans un contexte d’anciens dossiers d’explosions sur des sites d’armement bulgares.

Une explosion suivie de plusieurs incendies a frappé vendredi soir un site de stockage de munitions exploité par le fabricant d’armes Emco, près de Gorni Varpishta, dans le centre de la Bulgarie. Aucun blessé n’a été signalé. Les employés ont été évacués, le périmètre bouclé et la police a indiqué qu’il n’existait alors pas de danger pour la population. Le village le plus proche est situé à plus d’un kilomètre.

Les dégâts ne sont pas encore chiffrés. Leur cause ne l’est pas davantage. Le parquet bulgare a ouvert une enquête, tandis que le ministre de l’Intérieur, Ivan Demerdzhiev, a déclaré que les autorités n’écartaient pas une intervention extérieure.

Une hypothèse de sabotage, pas une conclusion officielle

Emco affirme que le sinistre relève d’un sabotage et écarte totalement l’erreur humaine. L’entreprise n’a désigné aucun responsable. Elle assure aussi que le dépôt touché n’était plus utilisé depuis plusieurs mois et qu’une inspection, vingt jours avant l’incendie, avait constaté sa conformité aux règles applicables.

Ces éléments sont les déclarations de l’entreprise, et non les conclusions de l’enquête. À ce stade, aucune autorité n’a publiquement attribué l’explosion à un acteur précis ni détaillé les premières constatations techniques.

L’incident survient environ un mois après un autre incendie et des explosions dans un dépôt de munitions voisin, également lié à Emco. La répétition des sinistres renforce l’enjeu de la sécurité des installations, mais elle ne permet pas à elle seule d’établir un lien entre les deux affaires.

Des antécédents qui pèsent sur l’enquête

Le propriétaire d’Emco, Emilian Gebrev, avait survécu en 2015 à une tentative d’empoisonnement avec son fils et un autre responsable de l’entreprise. Le parquet bulgare a inculpé trois ressortissants russes dans ce dossier. D’après les autorités bulgares citées par RFI, six autres Russes ont aussi été inculpés pour terrorisme en lien avec quatre explosions survenues entre 2011 et 2020 dans des installations d’armement du pays.

Le parquet avait alors considéré que ces explosions, déclenchées à distance selon lui, pouvaient être liées à des tentatives de perturber des livraisons d’armes vers la Géorgie et l’Ukraine. Ces précédents expliquent pourquoi Emco inscrit le nouveau sinistre dans une série d’actes de sabotage. Ils ne préjugent toutefois pas du résultat de l’enquête ouverte après l’explosion de vendredi.

La Bulgarie, membre de l’Union européenne et de l’Otan, fournit un soutien à l’Ukraine depuis l’invasion russe à grande échelle de 2022. Les munitions d’Emco sont utilisées par les forces ukrainiennes. Sofia a récemment arrêté les livraisons d’armes issues d’entreprises publiques, mais des sociétés privées bulgares continuent d’effectuer des transferts.

Un enjeu pour les approvisionnements

L’effet concret du sinistre sur ces transferts reste inconnu. Les sources ne précisent ni la quantité de munitions présente sur le site, ni la nature des stocks détruits, ni le calendrier d’une éventuelle reprise d’activité. L’affirmation d’Emco selon laquelle le dépôt n’était plus utilisé depuis des mois est un élément important, mais elle ne suffit pas à mesurer l’impact sur l’ensemble de sa chaîne logistique.

L’enquête devra donc déterminer l’origine du feu, établir si des règles de sécurité ont été contournées et évaluer les pertes matérielles. Elle devra aussi dire si cet épisode relève d’un accident isolé ou d’une action délibérée. Pour la Bulgarie, l’enjeu dépasse le seul site d’Emco : la protection des installations de défense conditionne à la fois la sécurité locale et la fiabilité d’un approvisionnement militaire devenu sensible dans le contexte de la guerre en Ukraine.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. BBC News — Europebbc.co.uk
  2. RFIrfi.fr